Antoine JEANNE a soutenu sa thèse sous la direction d’Octave Debary et de Cécilia Hurley-Griener dans le cadre d’un co-encadrement entre l’Université Paris Cité et l’École du Louvre, soutenue par la Fondation Antoine de Galbert, intitulée :

 

UN CASSE-NOIX EN CORNES DE BICHE OU L’ART D’ACCOMMODER LES RESTES CYNÉGÉTIQUES. Anthropomuséologie du trophée de chasse (XIXe-XXIe siècle)

 
Résumé
 

Qu’est-ce donc qu’un casse-noix en cornes de biche, sinon l’histoire d’une muséographie en désordre ? Et puis d’ailleurs, les cervidés possèdent des bois, et les femelles en sont dépourvues!  Dès lors, comment appréhender ce qui semble être un ustensile de cuisine — entre culture matérielle cynégétique et muséographie — expographié à l’envers ? Comment les restes d’un animal (chassé) se sont-ils retrouvés ainsi transformés et cimaisés ? Car, en vérité, derrière ce casse-noix en cornes de biche se cache un trophée de chasse. Savons-nous pour autant répondre à la question : qu’est-ce qu’un trophée de chasse ? D’une évidence absolue pour l’adepte de Diane, le trophée est davantage perçu comme le parent pauvre du patrimoine cynégétique. Comment expliquer cette disparité, et surtout, que vient faire le musée ici ? Qu’est-ce que le musée fait au trophée ? Et enfin, comment l’anthropomuséologie peut-elle appréhender le trophée de chasse ?

Supposons que le musée ne se contente pas d’exposer des artefacts décontextualisés, mais les génère. Supposons également que le trophée de chasse ne soit pas si ancestral — ni même rituel — que cela et dépende en réalité de logiques expographiques et muséographiques. À la croisée de deux disciplines, l’anthropomuséologie étudie la chaîne opératoire patrimoniale du gibier : la trophéïsation. Aussi, de la forêt au musée en passant par l’intimité entre le chasseur et son trophée, cette thèse étudie-t-elle l’art d’accommoder les restes cynégétiques. Pour ce faire, c’est à rebours que se fait la démonstration doctorale du trophée, afin d’en percevoir la muséalité domestique. Le casse-noix en cornes de biche est en outre une invitation à saisir le trophée de chasse dans le rapport ontologique et paradigmatique que le chasseur entretient avec la nature, l’animal et lui-même. C’est in fine une épistémologie du regard muséal et cynégétique que le casse-noix en cornes de biche se propose d’analyser.

 
Mots clefs :   Anthropomuséologie du trophée de chasse, anthropologie de la mémoire et du patrimoine, ethnologie de la chasse en France, ethnographie du sensible et du contemporain, épistémologie de l’expographie, muséologie de l’animal trophéïsé, chaîne opératoire patrimoniale, culture matérielle et art cynégétiques, patrimoine et muséographie cynégétiques, prédation patrimoniale, muséographie domestique.
 
Membres du Jury :
 

Octave DEBARY, Professeur en anthropologie HDR, Canthel – Université Paris Cité, Directeur de thèse;

Cécilia HURLEY-GRIENER, Docteure en histoire de l’art HDR, Centre de recherche – École du Louvre, Directrice de recherche ;

Véronique MOULINIÉ, Docteure en ethnologie HDR, Héritages : Culture•s Patrimoine•s Création•s – CNRS, Rapporteure ;

Mélanie ROUSTAN, Maîtresse de conférences en anthropologie HDR, PALOC – Muséum national d’Histoire naturelle, Rapporteure ;

Michèle CROS DE DORY, Professeure en anthropologie HDR, LADEC – Université Lumière Lyon 2, Examinatrice ;

François MAIRESSE, Professeur en muséologie HDR, CERLIS – Université Sorbonne Nouvelle, Titulaire de la Chaire UNESCO pour l’étude de la diversité muséale et son évolution, Examinateur.

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